À propos

« Le bain ! – Ma mère en avait fait un supplice. Je me vois encore dans le miroir de l’armoire, pudique dans mon impudeur, courant sur le carreau qu’on lavait du même coup, nu comme un amour… Il me manquait un citron entre les dents et du persil dans les narines, comme aux têtes de veau. J’avais leur reflet bleuâtre, fade et mollasse ; mais j’étais propre, par exemple ! »

Dans L’enfant, Jules Vallès raconte avec humour le supplice hebdomadaire de ses bains d’enfance. Au XIXème s. comme aujourd’hui, « La propreté avant tout, mon garçon ! » : être propre et sentir bon, voilà l’essentiel.

Condition sine qua non d’une bonne santé, l’hygiène est aussi facteur de sociabilité et source de préjugés. Plus qu’une simple routine, notre pratique quotidienne de la propreté est un marqueur social. Le citoyen bien intégré a une hygiène impeccable : la saleté est un stigmate de marginalisation.

Paradoxalement, au jour où la propreté est plus importante que jamais, tous n’y ont pas accès. L’appauvrissement de la population provoque une régression de l’hygiène en France depuis une dizaine d’années. Les problématiques qui avaient disparu avec les progrès sanitaires de l’après-guerre – gale, poux… – ressurgissent. Les sans-abris, les réfugiés, les populations en condition précaire ou mal-logées sont les plus touchées. Tandis que même du côté des classes favorisées, l’hygiène quotidienne apporte avec elle son lot d’incertitudes. Faut-il se laver tous les jours ? Quel dentifrice utiliser ? Comment dégager une odeur agréable en toutes circonstances ?

Pour discuter des enjeux que l’hygiène soulève, pour débattre des contradictions qu’elle pose,  « À proprement parler » se propose de passer en revue la question de la (mal)propreté sous tous ses aspects.

  • La rubrique « Histoires d’eau » propose des tranches de vie autour de la question de l’hygiène et de la propreté.
  • La rubrique « Conso » soulève des questions plus économiques : comment fonctionne le business de l’hygiène en France aujourd’hui ?
  • La rubrique « Société » se concentre sur l’aspect anthropologique de la question, notamment autour de l’hygiène des populations marginalisées ou des métiers de l’odeur.
  • La rubrique « Culture » propose un parcours à la fois historique et théologique.
  • Enfin, la rubrique « Science » apporte un éclairage plus savant, une expertise plus aiguisée sur les problèmes de l’hygiène.

Ce blog a été réalisé par des étudiants en première de l’Ecole de Journalisme de Sciences Po, dans le cadre d’une semaine intensive en écriture web, du 8 au 11 décembre 2015.
Sous la direction de Pierre Serisier, journaliste à Reuters et Grégory Blachier, journaliste à L’Equipe.fr.
Rédacteurs en chef – Marine Jeannin et Antoine Maignan
Rédacteurs en chef techniques – Nina Masson et Romain Nowicki
Rédacteurs – Assel Kipchakova, Déborah Loye, Marie Moley, Manuel-Antonio Monteagudo, Jérémy Normand, Céline Pénicaud, Anna Pereira, Maxime Retailleau, Lina Rhrissi, Chloé Rochereuil, Kenza Safi-Eddine, Julie-Solveig Saint-Germès, Nicolas Scheffer, Léa Scherer, Julien Tranié, Alexandra Vieira

 

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