Les salles de shoot, une hygiène minimale pour les héroïnomanes

Les premières salles de shoot ouvriront leurs portes en janvier. Paris, Strasbourg et Bordeaux sont candidates à l’expérimentation. Le principe : permettre aux toxicomanes de pratiquer leurs injections dans des infrastructures dédiées. Un médecin explique l’intérêt de cette initiative.

Le but des « salles de shoot » est d’assurer aux toxicomanes des conditions d’hygiène acceptables. En jeu : protéger leur santé autant que faire se peut, mais aussi rendre possible leur réintégration dans le système de soins. « Les problèmes d’hygiène des héroïnomanes ne sont pas liés au niveau social, mais à l’état de manque », explique un médecin exerçant dans les squats et auprès des sans-abris. « Quand tu es en manque, tu t’en fous de l’hygiène. Il y a une belle chanson de Mano Solo là-dessus, « Au creux de ton bras« , qui explique très bien l’état de manque. Tu as mal partout, ce qu’il te faut, c’est ta dose. Tu ne vas pas te dire “Tiens, je vais prendre une petite douche”. »

Au-delà de cette indifférence vis-à-vis de l’hygiène, l’héroïnomane met véritablement sa santé en danger. « Un type en état de manque, il ne réfléchit pas, il est en manque, poursuit le médecin qui a voulu garder l’anonymat. Il va prendre n’importe quel bouillon de culture pour préparer sa dose. Même de l’eau croupie, il s’en fout. »

« Un problème de santé publique, mais aussi un problème social »

Selon le praticien, c’est là tout l’intérêt des salles d’injection proposées par la loi Touraine. Il y a certes un paradoxe à proposer des infrastructures publiques pour se livrer à des activités illégales. Mais pour lui, prime le devoir d’assurer un accès minimal à l’hygiène. « Avoir de l’eau propre, un environnement aseptisé va baisser considérablement les risques qu’encourent ces personnes : infections cutanées, septicémies… Avec la gangrène, on peut perdre son bras après une injection d’héroïne. Là, on va leur donner de bonnes conditions d’hygiène. »

Péremptoire, il conclut : « Les salles de shoot, c’est une manière de régler un véritable problème de santé publique, mais aussi un problème social. En permettant aux héroïnomanes d’accéder à des conditions d’hygiène correcte, on amène ces gens à rentrer dans le système de soin. Petit à petit, on les réintègre dans la société. Mettre en place des salles de shoot, c’est lutter contre leur déchéance. »

Marine Jeannin

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