Le no-poo : Chez le dermato

Cinq semaines sans se laver les cheveux. J’expérimente le « no-poo », une alternative écologique au shampoing. Mon objectif : gagner du temps en adoptant une routine capillaire respectueuse de principes éthiques. Une pratique écœurante pour mon dermato.

Un mois et une semaine après le début de mon expérience, je prends rendez-vous chez un dermatologue, pas loin de la gare d’Austerlitz. J’ai besoin de l’avis d’un expert qui ne va pas couper les cheveux en quatre. Le Dr. X m’accueille dans son bureau flanqué d’une imposante bibliothèque. Bien mis en valeur sur les étagères, des livres sur l’histoire de la médecine (traduits en plusieurs langues), écrits par mon dermato lui-même. Derrière son fauteuil, une toile d’art contemporain. Lorsque je lui explique mon manège, j’essaye de rester crédible. Ma démarche intrigue le médecin : apparemment cela ne figure pas dans les bouquins que je ne lirai jamais. Il se montre d’abord coopératif : « Ah, vous êtes apprentie journaliste ! À Sciences Po et France 3 ? Mais c’est super ça ! ». Il me propose de passer mon cuir chevelu au dermascope, une sorte de caméra grossissante. Il commence par examiner l’avant de mon crâne : relativement peu de pellicules. « C’est bluffant », me confie mon docteur.

Mimi Cracra chez le dermato

C’est sans compter l’observation de mon occiput, enneigé par la desquamation. D’un coup, l’attitude de mon dermato vire à l’orage. Assombri, il se rassoit à son bureau. J’embraye avec mes questions. Je veux traiter le mal à la racine, comprendre ce qu’il se passe avec mon cuir chevelu. Le médecin se ferme. « Écoutez, je n’y crois pas à votre truc. J’ai simplement envie de vous dire : arrêtez ça et lavez-vous les cheveux. C’est juste dégueulasse. ». J’ai beau lui expliquer de nouveau ma démarche pour acquérir un cuir chevelu plus sain, rien n’y fait. Je tente alors le tout pour le tout : « Vous avez écrit sur l’histoire de la médecine. Savez-vous si l’on s’est de tous temps lavé les cheveux ? » Il me répond que les civilisations ont toujours fait le lien entre cheveux sales et perte de cheveux. Si on n’élimine pas le sébum produit en masse par le cuir chevelu, celui-ci peut étouffer les bulbes capillaires et causer leur perte. Le temps de m’imprimer une ordonnance pour une dermite séborrhéique, et il est déjà dans le couloir, prêt à accueillir le patient suivant. Il me souhaite bonne continuation, sans chercher à me serrer la main. Pour la première fois depuis le début de mon expérience, je me sens sale.

Léa Scherer
Crédit photo : Hurikat 

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RRRrrrr, cheveux sales

 

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