Comment les Français gèrent-ils leur budget hygiène ?

Brosse à dents, shampoing, gel douche, déodorant… Les produits d’hygiène occupent une place conséquente dans le chariot de courses. Des produits parfois onéreux pour des consommateurs bien souvent contraints de se serrer la ceinture. Mais quand il s’agit de leur corps, les Français sont-ils prêts à faire des sacrifices ?

Au rayon des produits d’hygiène, Olivia, étudiante de 26 ans, a les yeux rivés sur les étiquettes. Elle cherche la bonne affaire.

“Pour tout ce qui est hygiène de base comme le papier toilette, les mouchoirs ou le dentifrice, j’ai abandonné les grandes marques depuis quelques années. Les produits moins chers sont tout aussi efficaces.”

Comme elle, les Français ont réduit leurs dépenses d’hygiène-beauté d’en moyenne douze euros entre 2010 et 2014, ramenant le budget annuel à 168€, selon une étude Kantar WorldPanel.

Des achats plus réfléchis

Camille, étudiante de 21 ans, a aussi une autre manière de faire des économies. 

J’ai tendance à faire le plein dans les para-pharmacies qui vendent des produits par lot à très bas prix. Je fais des stocks.

Entre ses deux enfants et son emploi à temps plein, Patricia cherche à passer le moins de temps possible au supermarché. Elle guette également les promotions de type « deux achetés, un offert » pour faire des réserves.

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Déodorants et gels douches dans un supermarché. Crédit photo : JN

Mais les consommateurs ne sont pas prêts à tous les sacrifices. Devant le rayon des déodorants, Hugo, étudiant en histoire à la Sorbonne, le reconnaît :

« J’ai toujours pris du gel douche et du déodorant de la marque Axe et je me vois mal changer ça. Alors que pour le reste j’opte en général pour le produit discount du magasin. »

Camille insiste quant à elle sur la qualité des produits :

« Pour les crèmes et les démaquillants, je préfère mettre le prix pour limiter les risques d’allergies. »

Certains sont prêts à se donner de la peine pour acheter des produits de marque au meilleur prix. Malgré son emploi du temps chargé, Olivia compare les prix de son déodorant favori entre les trois supermarchés situés à proximité de son appartement :

« Je fais la plupart de mes courses chez Carrefour, mais je sais que la marque de mon déodorant est moins chère de 30 centimes à Franprix, donc je prends le temps de faire un crochet pour ça. Il n’y a pas de petites économies ! »          

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Dentifrices et brosses à dents dans un supermarché parisien. Crédit photo : JN.

Un peu plus loin dans l’allée, une mère de famille n’hésite pas longtemps devant les dentifrices :

« On n’en achète pas tous les jours donc c’est pas pour 30 centimes de plus que ça va me ruiner. Je ne me vois pas acheter une sous-marque de dentifrice pour gagner 10 ou 30 centimes. »

D’ailleurs les enseignes de supermarchés en ont toujours tenu compte dans la disposition des produits. Le responsable d’un Carrefour Market du XIVe arrondissement de Paris l’explique :

« On met toujours en avant les produits de marque, ceux qui sont le plus familiers pour le consommateur. Les sous-marques sont plutôt reléguées en bas d’étalage. » 

Des prix qui baissent

Cette baisse des dépenses s’explique aussi par celle des prix des produits d’hygiène corporelle qui ont diminué de 1,2% en 2015 et de 2% en 2014, selon l’Insee. Il est moins évident pour les consommateurs de faire des sacrifices sur l’alimentaire et le logement qui restent les deux principaux postes de dépense. Les industriels multiplient donc les offres promotionnelles. Selon une étude réalisée par Nielsen de janvier à juillet 2015, le chiffre d’affaire de l’hygiène-beauté a reculé de 0.4% en hypermarchés/supermarchés. Cette absence de valorisation « est clairement liée à la flambée des promotions, qui dépassent très souvent les 40% de remise. » Les industriels redoutent une accoutumance des consommateurs aux promotions. Ceux-ci n’hésiteraient pas à reporter leurs achats, dans l’attente de nouvelles remises. L’étude révèle notamment que les remises immédiates de plus de 40% ont augmenté de plus de 21% en 2014.

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Si les consommateurs sont prêts à réduire leur budget dédié à l’hygiène quand cela leur semble nécessaire, ils sont prompts à l’augmenter quand leur niveau de vie s’améliore. A la sortie d’une parapharmacie parisienne, Nathalie, 51 ans, a le sourire :

« Depuis que mon patron m’a augmentée il y a quelques mois, je me fais plaisir en achetant une crème hydratante haut de gamme. »

 Alexandra Vieira et Jérémy Normand

Sources : Graphique de l’Insee, étude Kantar WorldPanel, étude Nielsen.

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